Transcription
1Monsieur, le desir que j’ay estre teneu en votre
2bonne souvenance me faict postposer tout doubte
3vous importuner d’une mauvaise lettre, laquelle
4toutesfois, pour ceste heure, m’est seul moyen
5m’y pouvoir mainctenir, attendant qu’une bonne
6et digne occasion de vous fayre service, me rende
7tant heureux faire paroistre ma bonne volonté
8n’estre moindre que le debvoir. J’estime m’en
9rendre plus apte par plusieurs belles vertus
10qu’on peult apprendre en ce païs, où puis qu’ai chois
11de leur marchandise, esseyeray trier la bonne
12d’avec la mauvaise qu’y pourroit estre meslée,
13vous asseurant, monsieur, qu’il y a tousiours
14bonne commoditté de l’une et de l’aultre. Au reste
15je souhaitterois infiniment vous pouvoir porter
16aultant de leur tranquilité que de leur beaulx
17exercices, partye desquels, attendant vous fayre
18veoir, vous presenteray mes très humbles recommandations,
19et priray Dieu,
20monsieur, vous donner heureuse et longue vye.
21A Padoua, ce premier de mars 1574
22Votre plus humble et
23obeissant serviteur
24Beauieu
25
